Chronique n°111 : Je suis une fille de l’hiver

Je suis une fille de l’hiver

contemporain

Auteur : Laurie Halse Anderson
Date de parution : 2016
Maison d’édition : La Belle colère

Quatrième de couverture : « Lia et Cassie étaient amies depuis l’école. « Filles de l’hiver », elles ont grandi prisonnières de corps fragiles et concurrentes dans la course morbide à la minceur. Elles ont 18 ans maintenant, et leurs chemins se sont séparés. Malgré cela, Cassie a appelé Lia 33 fois la nuit de sa mort. Et Lia n’a jamais répondu. »

J’étais pas sûre de faire une chronique sur ce livre parce qu’il n’est pas dans les genres de l’imaginaire et après je me suis dit : mais pourquoi pas d’abord que tu causerais pas d’un bouquin si t’as envie d’en causer ? Me voilà donc (avec mes gros souliers) pour une lecture contemporaine de chez La belle colère : Je suis une fille de l’hiver.

Déjà, rendons à César ce qui appartient à César, merci Béa de me l’avoir prêté (et de m’avoir donné envie de le lire grâce à ta superbe chronique). Comme je le disais, il s’agit d’une lecture contemporaine plutôt ciblée jeunes adultes. On suit le quotidien de Lia, dont la meilleure amie vient de mourir et qui est atteinte d’anorexie. Pas joyeux, joyeux comme ambiance n’est-ce-pas ? Et pourtant, j’ai beaucoup apprécié ma lecture.

J’ai aimé découvrir l’état d’esprit dans lequel est Lia et la confrontation entre sa vision du monde et celle des autres. C’est le premier livre que je lis sur l’anorexie et je ne connais pas grand chose sur le sujet mais il m’a semblé qu’il était très bien traité. Le personnage de Lia est très intéressant, elle est en même temps incomprise, triste, malade et perdue. On voit bien que sa famille essaye de l’aider mais est complètement désemparée face au mal qui la ronge.

J’ai trouvé Lia hyper attachante dans toute sa complexité, on a envie de décortiquer avec elle ce qui ne va pas, de trouver la source de son mal être, de l’aider à remonter la pente. Le récit n’est pas très lumineux avec certains passages très durs. Béa parle dans sa chronique d’amitié toxique, et c’est effectivement ce que j’ai ressenti à mesure que Lia évoque les souvenirs qui la lient à sa meilleure amie décédée. Elles ont plongé ensemble et se sont mutuellement tirées vers le bas.

L’écriture est très jolie, hyper poétique et contrecarre la violence des propos. Ça m’a grandement aidé à la lecture moi qui suit hypersensible, il y a beaucoup d’images et tout est plein de poésie, c’est complétement paradoxal : la forme est douce et veloutée tandis que le fond est âpre et dur.

Bref, une lecture qui ne semble pas facile au premier abord mais qui m’a finalement emportée et marquée très rapidement. Je vous la conseille fortement.

~Kin

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35 réflexions sur “Chronique n°111 : Je suis une fille de l’hiver

  1. Ahh, je suis contente de voir une chronique du genre de livre que je lis habituellement ;) D’ailleurs, j’avais déjà lu une chronique sur « Je suis une fille de l’hiver », et avec la tienne en plus (très bien écrite !), ça me donne bien envie de le découvrir. Alors à l’occasion, si je le rencontre, je le lirai !
    Bisous,
    Camille

  2. J’entends beaucoup de bien de cette maison d’édition, ça me tente beaucoup ! Et c’est pas grave si c’est pas de l’imaginaire, vous faites ce que vous voulez sur votre blog ;)

  3. Mhhh. Je ne peux pas dire que tu « vends » mal le livre, car ta critique en-elle même traduit ton émotion à la lecture. Simplement, le propos du livre est trop dur pour coller à ce que je recherche avec la lecture.
    Belle chronique. ;-)

  4. La photo est jolie et je trouve que je le titre se prête bien à la saison (dans le sens où perso’ j’adore l’hiver), mais surtout le thème abordé me tente bien. Quand j’étais ado j’aimais bien lire des livres qui traitent de ce sujet. Aujourd’hui, c’est un peu moins ma cam’ mais je l’offrirais volontiers à l’une de mes cousines.

  5. J’ai une fois vu un reportage sur des jumelles anorexiques. L’une expliquait qu’elle était tombée dans l’anorexie pour accompagner sa sœur, pour la soutenir d’une certaine manière, parce que cette dernière l’était devenue. Cette chronique me refait penser à ce reportage. Amitié toxique, sororité toxique…
    En tout cas, cet ouvrage semble intéressant, il aborde un sujet que l’on ne trouve pas souvent dans les livres.

    • arg c’est chaud :/ en même temps ça ne m’étonne pas trop non plus. Même celles qui sont « seules » ne le sont pas vraiment avec toute la communauté que l’on peut trouver sur le net :/ Bref, un sujet complexe !

  6. Je l’ai trouvé à la fois magnifique et atroce ce livre. Magnifique car l’écriture est superbe et m’a complètement emportée. Atroce car la plongée dans la tête de Lia m’a bouleversée, c’est tellement dur, tellement irrationnel. C’est une situation tellement complexe et tellement angoissante, pour ceux qui sont autour aussi, et qui tentent d’aider comme ils peuvent. Une lecture vraiment marquante donc…

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