Chronique n°218 : L’enfant d’Oradour

L’enfant d’Oradour

Historique, Jeunesse

Auteure : Régis Delpeuch
Date de parution :  mai 2019
Maison d’édition : Scrineo

Quatrième de couverture : « « Mais je ne suis pas un héros. Je n’ai pas choisi d’être le gosse orphelin de Charly ni le petit rouquin rescapé d’Oradour-sur-Glane, comme on m’appelait là-bas ! Je préfèrerais que personne ne me connaisse ni à Limoges ni ici mais que mes parents, mes sœurs et mon petit frère soient encore vivants. Depuis un an, je pense à eux tous les jours, tout le temps. Et tu sais pourquoi ? Parce que je ne veux pas oublier tous les bons moments avant ce maudit samedi. » « 

Hello ! Aujourd’hui on se retrouve pour un genre un peu (voir carrément) inhabituel sur le blog : un roman sur la guerre. Et un roman qui raconte un événement réel avec des gens qui ont vraiment existé. Etant très (très) sensible, c’est donc typiquement le genre de livre que j’évite en règle général.

Sauf que. J’habite actuellement à quelques dizaines de kilomètres d’Oradour sur Glane, et j’avais pour projet de m’y rendre un jour. Quand j’ai vu ce livre dans le catalogue de Scrineo, je me suis dit que c’était l’occasion de prendre mon courage par les cornes et de franchir le pas. Dans la foulée de ma lecture, j’ai entrainé Kinou avec moi et on s’est rendu à Oradour. Cette chronique sera donc illustrée par nos photos prises sur place.

Pour ceux qui n’y connaissent rien en histoire, Oradour sur Glane est un village victime de la deuxième guerre mondiale. Le 10 juin 1944, en représailles aux actions de la résistance, les nazis détruisent le village et ses habitants. Au total, 642 personnes sont tuées ce jour là (dont plus de 200 enfants).

Le village détruit a été conservé et préservé tel qu’il était depuis le massacre, comme lieu de recueillement et de mémoire. Inutile de dire que visiter le village martyr, c’est hyper poignant, et ça te fait sentir vraiment abasourdi par rapport à toute la barbarie humaine. Toujours est-il que le site a un côté apaisant et paisible, mais totalement irréel.

Le livre nous raconte les événements de ce fameux jour, du point de vue de Roger, le seul enfant qui a survécu au massacre (il y a eu 7 survivants en tout). On suit Roger, et sa famille, depuis leur expulsion par les nazis de Charly (un village en Alsace) en 1940, jusqu’à leur installation à Oradour sur Glane avant, pendant, et après le 10 juin. On n’a que le point de vue de Roger durant l’ensemble du livre, on voit donc les événements par le biais d’un habitant du village et ça donne un nouvel angle à ce qu’on a pu apprendre au cours de notre scolarité.

Le livre ne se concentre pas uniquement sur l’attaque du village, mais sur l’ensemble du contexte de l’époque, à travers la vie d’un enfant normal. Les quelques chapitres consacrés au 10 juin ne constitue qu’une partie du roman. Le livre reste très évasif par rapport aux événements, c’est sobre et pudique, ça reste en surface, sans donner trop de détails. Pour moi, c’est tant mieux, c’est un livre pour enfant et il raconte de façon relativement factuelle ce qui s’est déroulé, sans ajouter d’artifice ou essayer de romancé l’histoire à outrance. J’ai apprécié ce côté solennel et authentique de l’histoire. Le livre est assez court et se lit d’une traite.

Au moment de notre visite, je venais juste de le lire, et j’avais donc bien tous les événements en tête. C’est d’autant plus poignant que j’ai pu y retrouver les lieux évoqués (le champ de foire, l’église, l’école,…) et mettre des images (ou du moins un cheminement) sur les faits racontés. C’est assez perturbant, surtout quand tu découvres les noms des familles qu’on suit dans le bouquin sur les stèles de commémoration.

En somme, un livre pour les plus jeunes que je conseille à tous, c’est triste et c’est dur, mais c’est fait avec respect et c’est un sujet qui reste malheureusement intemporel. Et bien sûr, n’hésitez pas à venir visiter Oradour sur Glane aussi, pour vous rendre compte de la réalité des faits. 

~Kara

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15 réflexions sur “Chronique n°218 : L’enfant d’Oradour

  1. Je me suis rendue plusieurs fois à Oradour-sur-Glane et je suis d’accord avec tes mots : une balade dans le village est très poignant alors que le site a un côté paisible. Ton avis m’interpelle, un livre sur la vie quotidienne de l’époque en littérature jeunesse sans tomber ni dans le drame ni dans le pathos me semble aussi intéressant qu’utile.

  2. Je trouve que c’est important de temps en temps de faire des lectures comme ça, pour ne pas oublier, pour faire revivre les morts même si les émotions très fortes l’emportent et qu’on est parfois « secoué ». Je n’avais jamais eu l’occasion de voir des photos des ruines d’Oradour.

  3. Je ne suis pas super fan non plus des livres sur la guerre, c’est pourquoi je n’ai pas demandé celui-là. Mais j’aurais fait pareil que toi si j’habitais pas loin du lieu en question, c’est une jolie démarche pour en apprendre plus et d’y être allée :)

  4. Pingback: Limoges : Zoo et Aquarium (des petits et des grands animaux) | Plumes de lune

  5. Pffiou les photos m’ont foutu des frissons…
    Ça me donne donc envie de découvrir ce livre pour en savoir plus sur ce drame. Surtout que je suis aussi pas mal sensible, donc si tu valides, ça m’angoisse un peu moins ! =)
    Des bisous !

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